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SYNDROME DE WOLFF-PARKINSON-WHITE CHEZ UN BASKETTEUR

Quelle prise en charge ? Un article du Dr Luc Corneloup, revue Cardio&Sport N°38 - Janvier 2014. Mise à jour mars 2018.
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En tant que cardiologues
du sport, nous sommes
quotidiennement confrontés
à la question de savoir jusqu’où
aller dans les investigations
et la prise en charge
thérapeutique de nos patients
sportifs. Ce cas clinique en est,
encore une fois, la parfaite

illustration.

Dr Luc Corneloup
 


Observation

M. K., étudiant en management de
23 ans, vient consulter parce qu’il
ressent depuis 3 ans, des accès
de palpitation survenant lors des
efforts brutaux quand il joue au
basket-ball. Ces palpitations ont
un début et une fin brusques. Elles
sont associées à une pâleur, une
nécessité d’arrêter l’effort et une
accélération de la fréquence cardiaque
à 200 bpm. Les épisodes
cèdent spontanément en moins
d’une minute.
L’examen clinique, l’ECG de repos
(Fig. 1) et l’échocardiographie sont
sans particularité.


Une épreuve d’effort contributive

Pour tenter de reproduire la tachycardie,
nous avons réalisé une épreuve
d’effort en choisissant un protocole
relativement abrupt (75 watts puis
25 watts/min). Dès la 11e seconde
d’effort, apparaît, puis disparaît, d’un
complexe à l’autre, une préexcitation
ventriculaire (Fig. 2). L’onde Delta
réapparaît au palier de 100 watts
pour persister jusqu’à la fin de l’effort,
au palier de 250 watts avec une
fréquence cardiaque s’élevant jusqu’à
183 bpm (Fig. 3).

Ces accès de tachycardie à
200 bpm, à début et fin brusques,
associés à cette préexcitation ventriculaire,
font poser le diagnostic
de syndrome de Wolff-Parkinson-
White (WPW).

Outre l’apparition de la préexcitation
ventriculaire dès le début de
l’effort permettant de faire le diagnostic,
sa réapparition ensuite
montre toute l’importance de poursuivre
l’épreuve d’effort le plus loin
possible à la recherche d’une reperméabilisation
de la voie accessoire
pour des fréquences cardiaques
plus élevées.


Jusqu’où aller dans la prise en charge ?

Devant cette préexcitation ventriculaire
intermittente, disparaissant
d’un battement à l’autre, on pourrait
être tenté de considérer qu’il
s’agit d’un faisceau de Kent bénin et
rassurer le patient.

Cependant, le risque de faire une
fibrillation ventriculaire secondaire
à la voie accessoire est dépendant de
sa période réfractaire antérograde.
Cette période réfractaire est
modulée par la balance vagalesympathique
du système autonome.

Même si des mesures non invasives
sont en faveur d’une période réfractaire
longue (préexcitation intermittente
lors d’un holter ECG ou d’une
épreuve d’effort), les conditions
vécues lors des événements sportifs
en compétition ne peuvent pas être
totalement reproduites par nos tests
d’effort en laboratoire.


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